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Saint-Martin-de-Londres : visite

I. Le village

La Génèse du village
Si la présence de l’eau a dû, selon toute vraisemblance, déterminer une occupation précoce dès les temps préhistoriques, le site allait sans doute rester à l’écart des tracés antiques attestés quant à eux au pied du Pic Saint-Loup. Toutefois, deux facteurs sont à prendre en considération pour comprendre son développement.
Le premier est son accessibilité du fait de la proximité du croisement d’une route sud-nord reliant le littoral aux Cévennes, ancienne draille par ailleurs, avec un axe est-ouest (d’origine protohistorique et dite voie de Vieille Toulouse à l’époque romaine) cheminant sur la probable ligne de partage des Francs et des Wisigoths dès la fin de l’Antiquité.
   Le second serait lié à un regroupement volontaire des habitants des alentours au milieu du Moyen Age. Aggloméré autour d’un hameau portant le nom de saint Martin, le village s’est bien développé autour de son claustre, zone de protection spirituelle qui semble être à l’origine des habitats médiévaux.
Après s’être affirmé dès la fin de l’époque romaine, donné pour un rayon de trente pas selon les conciles de Tolède en 681 et de Latran en 1059, le claustre nous est parvenu ici intact, protégé par les murailles édifiées sur son contour pour en faire le " vieux fort " au XIIe siècle.

Itinéraire de découverte
Remparts du XIIe siècle
Remparts du XIVe siècle

1. La Place de la Fontaine.
2. La Tour de l’Horloge, autrefois découverte comme les autres tours afin d’assurer une meilleure surveillance. Elle servit de corps de garde pendant la Révolution et de prison. L’horloge fut ajoutée en 1791 et la flèche en 1857.
3. Le Grand Portail, entrée principale du village fortifié.
4. La Tour du Vallat d’Ayet conserve des vestiges de mâchicoulis et une meurtrière.
5. La rue des Remparts fut agrandie au XIXe s. par la destruction d’une partie des murailles pour aérer cette partie du village et la petite porte (Le Portalet) subit le même sort.
6. La Placette : ancienne place du marché.

A remarquer l’architecture traditionnelle des maisons.

II. Le claustre et la place de l’église

7. Le portail du claustre, seul accès à l’église jusqu’à la Révolution. Surmonté d’une tour carrée à mâchicoulis, il était fermé d’une porte en bois et défendu par une herse.
8. La place de l’Eglise (MH) : s’y tint le cimetière jusqu’à son abandon définitif en 1782.
9. La sacristie fut ajoutée au XVIIe siècle. L’on y pénétrait par une porte aujourd’hui bouchée (surmontée d’un beau linteau en accolade).
10. La mosaïque représente Martin en soldat partageant son manteau. Créée à l’occasion du 1600e anniversaire de la mort du saint, elle appartient aux habitants du village et à ses amoureux qui en possèdent une ou plusieurs tesselles.
11. Le puits-citerne, autrefois plus élevé, est orné d’une dalle d’origine inconnue gravée de dessins énigmatiques.
12. La maison prioriale, devenue par la suite le presbytère, surmonte les arcades du cloître. La galerie du cloître était fermée au nord par la muraille et au sud par une porte de bois.
13. La croix (XVIIe siècle), originale pour la région, est sculptée sur les deux faces. La Vierge a la tête dans les étoiles, le Christ, aux cheveux dénoués, n’y exprime aucune douleur.

A remarquer : les maisons, au sud de la place.

L’église
Ouverture lundi, mardi, jeudi, vendredi, dimanche : 10h - 12h et 15h - 17h. samedi : 15h - 17h.

Architecture extérieure
S’il a été prouvé qu’une église (probablement plus petite que l’actuelle, dédiée à saint Martin, mais de date de construction inconnue), existait avant celle-ci, la révision des textes anciens tendrait à prouver que l’église paroissiale actuelle aurait été érigée par les moines de l’abbaye de Gellone au XIe s. (vers 1025).
Le prieuré - propriété de l’abbaye - devant accueillir un fragment de la Vraie Croix, aurait été conçu comme un vaste reliquaire.. D’où le soin apporté à sa construction, le plan tréflé si caractéristique, la coupole et les divers éléments sculptés, tous si rares dans notre région. En ce cas, le patron titulaire aurait donc dû être la Croix, le Sauveur, le saint Sépulcre… Il se peut que des enjeux de pouvoir entre seigneurs et ecclésiastiques aient empêché le dépôt de l’esquille de la précieuse relique avant la fin de la construction de l’édifice. N’ayant pu être déposée dans l’église, cette dernière a dû conserver son vocable de saint Martin. L’église a pu être également la " maquette " de l’abbaye de Gellone et marquer la présence de cette dernière en vallon de Londres.
Une étude de la croix reliquaire actuelle et de futurs travaux de recherche permettront probablement de nous éclairer sur cette période encore obscure de l’histoire du village.
Les proportions harmonieuses alliée à la sobriété du décor et à l’unité de style font de cet édifice l’un des plus beaux et des plus attachants de la région.
L’église présente les caractéristiques de l’architecture du " premier art roman " fréquemment rencontré dans le diocèse de Maguelone : un soubassement saillant, de petits pilastres plats - les lésènes - reliés dans leur partie supérieure par des arcatures, une corniche moulurée soulignée par une frise en dents d’engrenage. Ce style, provenant de Lombardie via la Catalogne, s’est propagé ici par le biais des évêques.
Le clocher, remplaçant celui du XIIIe qui menaçait ruine, est du XIXe s., ainsi que le lanternon surmontant la coupole.
Le porche est une adjonction du XIIe siècle. A sa gauche, la pierre tombale du 14e prieur de Saint-Martin (C), qui garde son secret, surmonté d’une élément pré roman provenant peut-être de l’église primitive. Une statue de saint Martin (C) est posée sur le linteau au-dessus de la porte.

A remarquer :
- l’exceptionnelle qualité de l’appareil en calcaire lacustre, finement jointoyé et agrémenté d’un layage " en feuilles de fougère ",
- le décor sculpté des chapiteaux de la baie sur l’absidiole sud (feuillages, spirales),
- la toiture en lauze harmonieusement étagée.

Architecture intérieure
L’église de Saint-Martin-de-Londres offre toutes les caractéristiques de l’art roman languedocien. 
L’édifice décline la traditionnelle diminution de hauteur du chœur par rapport à la travée de chœur et de celle-ci par rapport à la nef unique (1).
La voûte en berceau est soulignée par des arcs doubleaux qui prennent appui sur des colonnes aux chapiteaux en forme de trapèze renversé.
Une corniche, qui présente ici un motif de corde, souligne la retombée de la voûte.
Les murs latéraux sont renforcés par des arcs de décharge reposant sur les colonnettes aux chapiteaux trapézoïdaux.

L’édifice offre toutefois une originalité toute particulière.
Celle-ci réside dans :
- la présence d’un narthex (ici appelé gimel par analogie avec Saint-Guilhem-le-Désert) voûté sur croisée d’ogives (2),
- le plan tréflé, unique en Languedoc,
- la présence, au niveau due la croisée du transept (3), d’une coupole construite sans artifice architectural,
- la présence d’un décor sculpté suffisamment rare ici pour être noté : chapiteaux du transept (4) orné de spirales et de feuillages, chapiteau du chœur avec pommes de pins (5), motifs en billette dans l’absidiole sud (dédiée à la sainte Croix) (6), aigle au dessus de l’entrée (7).

A remarquer aussi :
- dans la chapelle Notre-Dame (8) : le bas relief en plâtre (XVIIe siècle) représentant une vierge du rosaire,
- la chaire (C) (9) ornée de deux panneaux aux motifs énigmatiques,
- l’autel (10) dont la façade pré romane est constituée d’un panneau autrefois polychrome et provenant probablement de l’église primitive.

MH : classé monument historique - IMH Inscrit à l'inventaire des Monuments historiques - C. Objet classé.

Pour en savoir plus…

Pour une histoire du village :
- Histoire du Pays de Londres, Abbé Emile Bougette, 1909, Réédition du Foyer rural, 1991.
- Saint-Martin-de-Londres - le village, l’église, Ed. du Foyer rural, 1992.
L'église :
- Sur la chaire : Atlantis n° 256, Jacques Duchaussoy, 1970, p. 218-223. 
- Sur la pierre tombale : La Pierre tombale de Béranger de la Tour…, Philippe Troncin, à paraître.
- L'église : 
  . Apport de l’archéologie et l’histoire de l’église romane à Saint-Mar-tin-de-Londres, Philippe Troncin, Etudes héraultaises 26-27, 1995-1996, p.39-64.
  . Languedoc roman, J. Lugand, J. Nougaret, R. Saint-Jean, A. Burgos, 1985.
  . Une église gellonaise revisitée - La prioriale de St-Martin-de-Londres (de l'histoire à l'architecture), Richard Bavoillot-Laussade, La Garrigue n°110 et 111,  2003 et La Garrigue n° 112, 2004.
Ouvrage général : Le Pic Saint-Loup - L’âme de ses garrigues, Sylvie L’Hostis, Espace Sud, 1999.

Visites commentées pour groupes, toute l’année sur rendez-vous.

La vie de saint Martin :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Martin_de_Tours

http://www.liguge.com/martin.html


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